Jan Schultsz

Jan Schultsz enseigne au Conservatoire supérieur de Bâle. C'est un des plus grands pianistes et compositeurs contemporains. Jan Schultsz est né à Amsterdam en 1965. Il joue du piano depuis l’âge de quatre ans et du cor depuis qu’il a dix ans. Des études menées à Bâle et Amsterdam lui ont permis de perfectionner sa maîtrise de ces deux instruments.

Il s’est produit de nombreuses fois sur scène en Europe (en solo, avec l’orchestre de Bâle, des chanteurs ou des formations de musique de chambre) et a donné un premier concert au Carnegie Hall de New York en 1996. Après avoir enseigné le chant au Conservatoire Bruckner de Linz, il enseigne maintenant au Conservatoire supérieur de Bâle.Entre 1991 et 1995, Schultsz a reçu à Bâle, Berne et Zürich une formation de kapellmeister dispensée par Horst Stein, Manfred Honeck, Wilfried Boettcher et Ralf Weikert. Il a également appris à diriger un orchestre auprès de Jorma Panula et a fait un stage au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. D’autre part, il a bénéficié de plusieurs bourses et remporté divers prix.

Schultsz a été invité à diriger plusieurs grands orchestres (Tonhalleorchester de Zürich, Mozarteum-Orchester de Salzburg et Orchestre de chambre de Neuchâtel, formation dont il est le directeur artistique depuis 1999). Il a également dirigé les orchestres de divers conservatoires et occupé les postes de kapellmeister à l’Opéra d’Oslo et de chef d’orchestre à l’Opéra de Budapest. Depuis l’an 2000, il est directeur artistique et chef d’orchestre attitré du festival de St. Moritz.

Jan Schultsz a participé à de nombreuses émissions de radio et de télévision et enregistré plusieurs CD. Avec le ténor Werner Güra, il a notamment donné une version de La Belle meunière de Franz Schubert qui a été couronnée par le Diapason d’or. Pour ce CD, de même que celui avec des œuvres de Schumann également enregistré avec Werner Güra (Dichterliebe et Liederkreis) Schultsz avait choisi un piano à queue C. Bechstein — Ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on sait qu’il est attaché à la marque depuis son enfance…

Jan Schultsz chante au Bechstein

Sur la pochette du CD, le nom du pianiste est écrit en plus petit que celui du ténor. On se demande bien pourquoi ? Il suffit d’imaginer ce à quoi ressemblerait La Belle meunière de Schubert si Werner Güra chantait sans accompagnement, pour comprendre dans quelle mesure le pianiste est indispensable dans les cycles de lieder de Schubert. Jan Schultsz, qui a reçu une solide formation de pianiste, corniste et chef d’orchestre, est parfaitement à la hauteur de Werner Güra dans cet enregistrement datant de 1999 publié chez Harmonia Mundi. Il « porte » véritablement le ténor, annonce les changements de registre et fait des commentaires musicaux sur la voix. Tout comme Güra, il ne force pas le trait mais laisse la musique s’écouler naturellement.

Schubert est entre de bonnes mains avec Schultsz. C’est également l’opinion de Kurt Malisch, qui a pu formuler dans Klassik heute la remarque suivante : « Le pianiste Jan Schultsz contribue de manière déterminante à l’excellence musicale de cet enregistrement. C’est avec une grande finesse qu’il joue son rôle d’accompagnateur, tâche à la fois primordiale et périlleuse. Il sait se faire entendre sans avoir besoin de jouer fort ; il est présent sans être intrusif ». Ajoutons simplement que la voix claire, chantante et à la sonorité de clochette du piano à queue Bechstein confère une charme bien particulier à l’ensemble.

Un duo homogène autour d'un Bechstein

« Werner Güra et Jan Schultsz nous offrent ici une excellente version des principaux cycles de lieder de Schumann » : tel est le contenu d’une critique publiée dans Stereoplay. De fait, l’interprétation que les deux artistes donnent des Amours du poète est appelée à faire référence en la matière. La voix de ténor de Güra et le jeu de Schultsz au Bechstein se complètent pour rendre de manière convaincante les fluctuations auxquelles sont soumis les amours d’Henri Heine : de la consternation émotionnelle à l’ironie subtile ou amère.

Le duo excelle également dans Liederkreis, cycle composé sur des poèmes d’Eichendorff, typiquement romantique par ses thèmes (solitude, forêt, lune, amour contrarié), mais dépourvu des sautes d’humeur ironiques de Heine.  Avec ce nouveau CD, le duo Güra/Schultsz fait la preuve de ce qu’il a gagné en profondeur par rapport à son premier enregistrement, consacré à des lieder de Schubert, qui était déjà d’une valeur remarquable.

Jan Schultsz au Bechstein Center

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